Charles Aznavour
22. May 1924 - 1. October 2018
R.I.P.
22. May 1924 - 1. October 2018
R.I.P.
Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Montmartre en ce temps-là
Accrochait ses lilas
Jusque sous nos fenêtres
Et si l'humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C'est là qu'on s'est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posais nue
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Montmartre en ce temps-là
Accrochait ses lilas
Jusque sous nos fenêtres
Et si l'humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C'est là qu'on s'est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posais nue
La bohème, la bohème
Ça voulait dire
On est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu'un jour sur deux
Ça voulait dire
On est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu'un jour sur deux
Dans les cafés voisins
Nous étions quelques-uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d'y croire
Et quand quelque bistro
Contre un bon repas chaud
Nous prenait une toile
Nous récitions des vers
Groupés autour du poêle
En oubliant l'hiver
Nous étions quelques-uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d'y croire
Et quand quelque bistro
Contre un bon repas chaud
Nous prenait une toile
Nous récitions des vers
Groupés autour du poêle
En oubliant l'hiver
La bohème, la bohème
Ça voulait dire
Tu es jolie
La bohème, la bohème
Et nous avions tous du génie
Ça voulait dire
Tu es jolie
La bohème, la bohème
Et nous avions tous du génie
Souvent il m'arrivait
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d'un sein
du galbe d'une hanche
Et ce n'est qu'au matin
Qu'on s'asseyait enfin
Devant un café-crème
Épuisés mais ravis
Fallait-il que l'on s'aime
Et qu'on aime la vie
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d'un sein
du galbe d'une hanche
Et ce n'est qu'au matin
Qu'on s'asseyait enfin
Devant un café-crème
Épuisés mais ravis
Fallait-il que l'on s'aime
Et qu'on aime la vie
La bohème, la bohème
Ça voulait dire
On a vingt ans
La bohème, la bohème
Et nous vivions de l'air du temps
Ça voulait dire
On a vingt ans
La bohème, la bohème
Et nous vivions de l'air du temps
Quand au hasard des jours
Je m'en vais faire un tour
À mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse
En haut d'un escalier
Je cherche l'atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts
Je m'en vais faire un tour
À mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse
En haut d'un escalier
Je cherche l'atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts
La bohème, la bohème
On était jeunes
On était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout
On était jeunes
On était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout
Hier encore, j'avais vingt ans, je caressais le temps
J'ai joué de la vie
Comme on joue de l'amour et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps
J'ai fait tant de projets qui sont restés en l'air
J'ai fondé tant d'espoirs qui se sont envolés
Que je reste perdu, ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre
Hier encore, j'avais vingt ans, je gaspillais le temps
En croyant l'arrêter
Et pour le retenir, même le devancer
Je n'ai fait que courir et me suis essoufflé
Ignorant le passé, conjuguant au futur
Je précédais de moi toute conversation
Et donnais mon avis que je voulais le bon
Pour critiquer le monde avec désinvolture
Hier encore, j'avais vingt ans mais j'ai perdu mon temps
À faire des folies
Qui me laissent au fond rien de vraiment précis
Que quelques rides au front et la peur de l'ennui
Car mes amours sont mortes avant que d'exister
Mes amis sont partis et ne reviendront pas
Par ma faute j'ai fait le vide autour de moi
t j'ai gâché ma vie et mes jeunes années
Du meilleur et do pire en jetant le meilleur
J'ai figé mes sourires et j'ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent?
À présent
Mes vingt ans
Songtext von Hier encore © Editions Musicales Djanik
P.S.:
I remember shortly after I started this little blog, one of my early entries were photos of Turks, who had been bussed into Paris from Germany to protest against the plan by the then French Government to publicly recognise the Armenian Genocide. Charles Aznavour (who was of Armenian origin) fought for this recognition but of course, Adolf Erdogan who at this very moment is goose-stepping over the red carpet in Germany, laid out for him by Angela Merkel, would not know what it means to do the right thing if he stumbled over one.
I found the relevant post...here is the link !
Ils sont tombés Charles Aznavour Ils sont tombés sans trop savoir pourquoi Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre Avec des gestes lourds comme des hommes ivres Mutilés, massacrés les yeux ouverts d'effroi Ils sont tombés en invoquant leur Dieu Au seuil de leur église ou le pas de leur porte En troupeaux de désert titubant en cohorte Terrassés par la soif, la faim, le fer, le feu Nul n'éleva la voix dans un monde euphorique Tandis que croupissait un peuple dans son sang L' Europe découvrait le jazz et sa musique Les plaintes de trompettes couvraient les cris d'enfants Ils sont tombés pudiquement sans bruit Par milliers, par millions, sans que le monde bouge Devenant un instant minuscules fleurs rouges Recouverts par un vent de sable et puis d'oubli Ils sont tombés les yeux pleins de soleil Comme un oiseau qu'en vol une balle fracasse Pour mourir n'importe où et sans laisser de traces Ignorés, oubliés dans leur dernier sommeil Ils sont tombés en croyant ingénus Que leurs enfants pourraient continuer leur enfance Qu'un jour ils fouleraient des terres d'espérance Dans des pays ouverts d'hommes aux mains tendues Moi je suis de ce peuple qui dort sans sépulture Qu'a choisi de mourir sans abdiquer sa foi Qui n'a jamais baissé la tête sous l'injure Qui survit malgré tout et qui ne se plaint pas Ils sont tombés pour entrer dans la nuit Éternelle des temps au bout de leur courage La mort les a frappés sans demander leur âge Puisqu'ils étaient fautifs d'être enfants d'Arménie They Fell Charles Aznavour They fell that year, they vanished from the earth, Never knowing the cause, or what laws they'd offended, The women fell as well, and the babies they tendered, Left to die, left to cry, all condemned by their birth. They fell like rain, across the thirsty land, In their heart they were slain, in their God still believing, All their pity and pain, in that season of grieving, All in vain, all in vain, just for one helping hand. For no one heard their prayers, in a world bent on pleasure, From other people scared, they simply closed their eyes, They create a lot of sound, in jazz and right time measure, The trumpets screamed till dawn, to drown the children's cries. They fell like leaves, its people, in its prime, Simple man, kindly man, and not one knew his crime, They became in an hour, like the small desert flower, Soon covered by the silent wind, in sands of time. They fell that year, before a cruel foe, They had little to give, but their lives, and their passion, And their longing to live, in their way, in their fashion, So their harvest could thrive, and their children could grow. They fell like flies, their eyes still full of song, Like a dove in its flight, in the path of a rifle, That folds on where it might, as if death were a trifle, And to bring to an end, a life barely begun. And I am of that race, who died in unknown places, Who perished in their pride, whose blood in rivers ran, In agony and fright, with courage on their faces They went into the night, that waits for every man. They fell like tears, and never knew what for, In that summer of strife, of massacre and war, Their only crime was life, there only guilt was being, The children of Armenia, nothing less nothing more.
A fitting tribute for Aznavour.
ReplyDeleteI wonder, have you seen videos of his performance at Olympia in 1968? I found those versions to be my favorites.
https://www.youtube.com/watch?v=i-aiaIpSirI
https://www.youtube.com/watch?v=Gknb1QqWY4I